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 Deux destins

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Terger Osmond




MessageSujet: Deux destins   04.07.12 11:26

- Refermez la porte ! Vite !

Les gonds grincèrent quand la femme repoussa la lourde porte de l'abbaye, avant d'abaisser la poutre en travers. Au dehors, les cris et les râles morbides gagnaient en intensité. Quelque chose Le petit groupe réfugié dans le lieu saint était à bout de souffle, la plupart blessé. La femme qui avait scellé l'entrée revint vers ses comparses, et enlaça le petit garçonnet effrayé.

- Tout va bien se passer, ne inquiète pas, la Lumière nous garde.

Le bâtiment trembla sur ses fondations, faisant tomber de la poussière du plafond, sur la douzaine d'homme et de femmes en armures rouges. La plupart étaient armés, un air mêlant résolution silencieuse et inquiétudes sur le visage. La femme qui tenait l'enfant leva le visage vers l'homme qui lançait des ordres d'un ton sec, sans hésitation.

- William, Gerand, à la porte. Louise, près du mur, vite. Utilisez les bancs. Gardez la Foi, la lumière nous protège.

L'assurance de ses paroles suffit à raffermir la détermination des plus troublés, les croisés s'empressant de rassembler les divers meubles de la petite chapelle, les entassant devant la porte qui déjà subissait les assauts chaotiques des assaillants. L'unique vitrail au dessus de l'autel illuminait les lieux d'une lueur rougeâtre, celle des incendies qui ravageaient la New-Avalon. Au dessus de leurs têtes, l'ombre imposante d'Archeus grandissait toujours plus, alors que la terre elle même se putréfiait, les morts gagnant du terrain à chaque nouvel assaut.

Les Croisés se préparaient, certains priant, autres fourbissant leurs armes saintes. Aucun ne semblaient regretter. Il n'avaient rien animaux acculés par les prédateurs à l'odeur de mort, ils restèrent fiers, jusqu'au bout. La femme qui tenait l'enfant dans ses bras se releva, lui prenant la main.
Sa longue chevelure rousse nouée en une natte stricte pendait dans son dos, libérant son visage rond, couvert de suie. Elle se dirigea vers l'autel, comme si elle souhaitait prier une dernière fois devant le symbole de la Sainte lumière pour qui elle avait offert son bras, mais finalement contourna le meuble bas, et écarta l'une des grandes tentures cramoisies qui ornaient les murs en brique. Dans l'angle restreint, se trouvait une minuscule alcôve, arrivant à peine à la hanche de la croisée. Elle se mit à genoux, prenant les mains du garçonnet. Derrière eux, le vacarme s'intensifiait, alors que les autres combattants de la Lumière priaient à voix haute, ensemble, opposant aux hurlements féroce des créature des quantiques guerrières.

L'enfant tenta de rester dans les bras de sa mère, quand celle ci le poussa dans l'étroite cache, avant de renverser le confessionnal devant l'ouverture. Le garçonnet serra dans ses mains son rosaire de Lumière, priant tout bas comme on le lui avait apprit, yeux clos, cherchant à évader son esprit de l'horreur qui menaçait de l'engloutir. Le tout jeune Terger conjura la Sainte Lumière, non pas de les sauver, mais d'accueillir ses parents et lui même à ses côtés, dans la béatitude des vrai croyant.

Sa supplique ne fut qu'a moitié entendue.

Nathalie Osmond rejoignit son compagnon et ses frères d'armes, détachant son marteau de guerre, un mot de pouvoir aux lèvres. Formant un demi cercle d'acier blanc et rouge, il ne reculèrent pas d'un pouce quand la porte vola en éclats, projetant des échardes dans la pièce. Ils ne reculèrent pas non lus quand une horde de morts-vivants plus ou moins putréfiés se jetèrent à intérieur du Lieu saint, certains incinéré sur place, d'autres reçus par les armes bénies des combattants de la Lumière. Ils ne reculèrent pas lorsque des dizaines et des dizaines d'assaillant tentèrent de les faire chuter, attirant parfois un malchanceux vers le mur de griffes qui l'écharpait sur pied. Ils ne reculèrent pas, quand deux abominations boursouflés brisèrent leur ligne de défense, projetant les croisés contre les murs comme s'il s'agissait de jouets.

En fin de compte, ils ne reculèrent que face à la mort elle même.

Cette mort honteuse, révoltante. Presque obscène d'irréalité, comme un miroir distordu ou s'agitait un reflet scindé. Une mort personnifié en un être bien plus grand qu'un homme, aux épaules larges, des tentacules d'un bleu nuit échappant des fentes de son casque osseux. Il exaltait une aura impie, qui fit vomir les moins tenaces des humains. Son armure d'ébène semblait se tordre d'elle même, comme si la saronite dont elle était faite pulsait au rythme des pas du Chevalier de la mort.
Face à lui, Relend , Nathalie, et quatre autres croisés se tenaient vaille que vaille en travers de son chemin. Derniers survivants d'une élite, ils étaient réduit à de pauvres êtres blessés, a bout de force, la lueur de Foi que portaient leurs regards vacillant face a l'imposant guerrier du fléau. Celui-ci retira lentement son casque, révélant un visage large, au front haut marqué d'un symbole Naaru violacé, comme une lueur malsaine. Ses trais étaient étirés par l'âge, de nombreuses rides aux coins des yeux et de la bouche.. Il parcourut les écarlates d'un regard imperturbable, ancestral. L'un des paladins de la Croisade blêmit instantanément, lâchant son libram au sol, murmurant faiblement.

- Très sainte Lumière..

L'ancien redresseur de tord regarda étrangement l'humain, comme s'il avait tenté de communiquer au travers d'une vitre teinté. Mais ce ne fut pas la Lumière qu'il reçut en réponse, et la lourde larme couverte de runes s'abattit, encore et encore, jusqu’à ce que les râles et les prières se taisent enfin.

******

Le casque s'écrasa sur une dalle, résonnant de longues secondes dans l'abbaye exigüe. Un instant, Orshed s'attendit à voir surgir un humain couvert de sang, hurlant une malédiction dans sa direction. Ou bien un geisht perdu, couinant et bondissant.

Mais non. Rien.

Il se mit à genoux, tournant le dos à l'autel de Foi, passant sa large main ganté parmi les cadavres, à la recherche de quelque chose. Le sang sombre avait souillé la plupart des uniformes autrefois impeccables, s'écoulant des hommes et femmes démembrés avec démence.
Par sa faute.

Le draenei se releva en soupirant. L'étrange sensation qui suivait chaque bain de sang ne le quittait pas. Comme s'il venait de commettre une chose qu'il aurait du haïr, mais dont il n'éprouvait finalement qu'un contentement banal. Il n'y avait que dans ce genre d'occasion qu'enfin la Voix de son Roi se taisait. Qu'il cessait d'entendre inlassablement ces appels a la souffrance et à la servitude, qu'il n'était plus hanté par ce besoin impérieux de provoquer la mort.

C'était aussi durant ces rares moments que lui revenaient des bribes de son passés. Il se souvenait de Draenor, d'Argus. De dizaines de siècles de prières, de milliers d'années de méditations. Une éternité de ferveur et..

Une simple brume qui s'effaçait déjà. A peine sa soif repue, qu'elle revenait, plus forte encore. Au dehors, les cris reprenaient, alors qu'a nouveau les morts se rassemblaient pou se jeter à l'assaut des vivants. Une part infime de lui même le sommait de jeter son arme, ou mieux, de se donner la mort d'un coup sec et précis. Mais sans cesse, la Voix de son Roi reprenait le dessus, couvrant le murmure de celui qu'il était autrefois.

Et toujours sans un mot, l'ancestral draenei rengaina son arme runique, et sortit de l'abbaye ensanglanté, sans avoir remarqué le jeune garçonnet s'extirpant à grand peine de son abris de fortune.
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Mary-Kay MacDunnan




MessageSujet: Re: Deux destins   16.08.12 22:44

(J'ai beaucoup aimé)
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Deux destins

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