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 Peur du noir

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Kriss




MessageSujet: Peur du noir   29.06.14 18:58

"-POUR L'ALLIAAAAAANCE !"

Le cri de la chevalier-champion avait été coupé aussi net que sa gorge.

C'était il y a plus d'un an, dans le donjon de Stromgarde.
Certaines bâtissent brûlaient encore, les rues étaient jonchées de boulets de canons tirés, d'armes abandonnées, de cadavres et de débris. Les cendres voletaient et la suie encrassait les visages en sueur des combattant exténués.
Après plusieurs jours de combats intenses, de sang et de larmes, les Aigles avaient enfin pu encercler le chef bandit qui avait main mise sur la ville. Ils avaient progressé quartier par quartier, laissant à chaque fois des frères d'armes derrière eux. Ils étaient finalement arrivés au donjon.
Dans cette salle où les dépouilles gisaient déjà, Prudence avait été prise comme otage par le larron, qui comptait bien s'en servir comme monnaie d'échange contre sa liberté. La ligne de fantassins aux couleurs du lion ne pouvait avancer plus, et c'est dans un dernier cri pour sa patrie que la jeune femme avait contraint le chef bandit à l'égorger d'un coup de dague. Les Aigles eurent bien vite raison du pauvre bougre, enragés après avoir vu leur supérieur tomber.

Qu'en est-il du supérieur en question ?

Alors qu'elle sentait l'acier froid en travers de son cou, la respiration coupée, elle tomba au sol, une main sur la gorge. Elle sentait la vie la quitter à chaque battement de cœur, et le froid l'envahir à mesure que son sang maculait le sol. Les bruits de combat s'éloignaient, et ressemblaient de plus en plus à de simples échos alors que sa vision se brouillait.
Bien vite, ses oreilles se mirent à siffler, le sifflement devint bourdonnement sourd, le bourdonnement devint silence.

Il faisait noir et froid. C'était une chose dont elle était sûre. Elle pensait bouger les yeux mais ne voyait rien, elle croyait tendre l'oreille mais n'entendait rien. Ses membres semblaient pris dans le béton. Elle se serait cru enfermée dans son propre corps.
C'était-il écoulé quelques minutes ? Quelques heures ? Quelques jours ? La notion du temps s'effaça. Elle voulait hurler à pleins poumons, se débattre, courir, mais rien n'y faisait.
Les jours semblaient être des semaines.
Rêvait-elle ? Elle ne saurait même pas le dire. Le monde semblait ne plus exister. Elle pensait à la Lumière, se raccrochait à cette idée. Alors que tout était sombre, la Lumière finirait par éclairer son chemin, ce n'était pas possible autrement.

Et enfin, la lumière vint.

Ce petit point lumineux apparu, et grandit, grandit... Il devint aveuglant. Très vite, un sifflement vint... Ce sifflement devint bourdonnement, et ce bourdonnement devint bruit.
Des échos de voix lointains se rapprochaient, formant peu à peu des mots et des phrases. La chaleur revint aussi telle une vieille amie, lui brûlant presque la peau.
Alors que la lumière l'aveuglait tant que ses yeux lui faisaient mal, des détails se précisèrent.
Des grandes colonnes blanches se rejoignaient dans un magnifique plafond de marbre.

Était-ce cela qui attendait les bonnes âmes après la mort ?

Un visage apparut devant ses yeux. Une jeune femme, brune apparemment. Après quelques longues secondes, elle put voir qu'elle lui donnait à boire.

Étrange.

La vision lui revint. Ses oreilles captèrent à nouveau correctement les sons. Elle se sentait engourdie.

"Père, père, elle ouvre les yeux ! Cria la jeune femme
-Vraiment ? J'arrive, rassure-la !" Répondit une voix d'homme.
-Ou suis-je ?" Demanda Prudence, articulant avec difficulté.
-Vous êtes dans une infirmerie, au quartier des mages de Hurlevent !"

Elle fit un effort pour tourner la tête, découvrant l'endroit qui ressemblait en effet à une infirmerie.

"-Vous avez dormis six semaines, allez-y doucement !
-Six... six semaines ? Dit-elle, en clignant des yeux
-Oui. Et nous avons une mauvaise nouvelle aussi.
"

Elle se redressa, endurant d'horribles crampes, pour voir si elle avait encore tous ses membres.

"Non non, calmez-vous. C'est juste que... on vous a enterrée."

Prudence se mit à fixer la jeune infirmière, sans comprendre.

"Tout le monde vous a cru morte, nous-même n'espérions même pas vous sauver. Remercier la Lumière pour un tel miracle."

La patiente s'allongea à nouveau, en fixant le plafond, encaissant la nouvelle


Maigre et faible, on s'occupa d'elle pendant encore deux longs mois à la suite desquels elle quitta la ville.


...nul ne sait ce qui se passa pour elle ensuite.
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Peur du noir

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