AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  S'enregistrerS'enregistrer  

Partagez | 
 

 Naufrage

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Kriss




MessageSujet: Naufrage   23.10.14 20:36

 Le soleil tanaride brûlait le sable sec et rugueux. La chaleur faisait onduler l'air et donnait aux gradins remplis de spectateurs en liesse un air surréel. Au loin les rouges montagnes qui marquaient la frontière avec le reste de Kalimdor semblaient aussi flotter comme dans un rêve, pourtant les cris de joie de la foule surexcitée étaient bien réels. Plusieurs centaines de paires de pieds battaient le bois des gradins, le même nombre de paires de mains applaudissait à tout va. Le vent de l'ouest soufflait par longues rafales, soulevant des nuages de poussière ocre et abrasive. Ceux qui n'étaient pas couverts d'un voile portaient leurs cols sur leur nez pour se protéger du sable, tout en observant avec délice le centre de l'édifice.


 Mêlé au brouahaha des maraudeurs orcs, des chasseurs trolls, des pirates humains, des ingénieurs gobelins, l'acier fracassait l'acier dans une percussion régulière. Tous rassemblés, de l'alcool ou des filles de petite vertu dans les mains ou sur les genoux, leur clameur résonnait et montait haut dans le ciel aux teintes azur sombre.
De temps à autre, la pointe acérée d'une lame venait dessiner dans la chair un trait funèbre et sanguinolent, dont les larmes écarlates venaient s'écraser dans le sable chaud. La foule se levait alors, galvanisée par la vue du sang, et le cri des combattants, livrés à eux-mêmes sur un sol inhospitalier.


Une targe de fer déjà défoncée fit ricocher un coup de fléau d'armes, et aussitôt une épée bâtarde de très bonne facture, jurant avec le bouclier, répliqua et trancha l'épaisse gorge d'un ogre qui tomba dans la poussière, gargouillant et vomissant du sang bouillonnant dans un cri déchirant. Sa masse épaisse heurta le sol dans bruit sourd, alors qu'il portait ses grosses mains à son cou, dans un vain espoir de stopper le flot mortel.


Derrière cette targe et cette épée se tenait, dans des haillons déchirés et tâchés, une combattante atypique.


 Vêtue d'une tunique de lin en mauvais état, qui lui tombait jusqu'à mi-cuisse, les seules protections qui l'équipaient étaient composées d'une paire de bottes montantes épaisses et renforcées, d'une épaulière de cuir sanglée et d'une paire de brassières de fer grossièrement forgées.
La sueur du combat et du désert perlait sur son visage fatigué et émacié, où des cheveux d'or délavés se collaient, en pagaille. Les mèches qui ne volaient pas au vent aride étaient rattachés dans une longue queue-de-cheval à l'aspect sauvage, qui descendait jusqu'au milieu du dos nu et marqué de cicatrices de la combattante.
Des yeux brun-roux fixaient l'ogre qui finissait d'agoniser dans un spasme, un reflet de peur brillant au soleil.


Le visage sale, amaigrit, Prudence était acclamée par la foule au centre d'une arène tanaride. Ses muscles encore tremblants du frisson du combat, prêts à se tendre encore pour survivre, couraient sous sa peau hâlée par le soleil. Leur nervure se confondait avec les traits blanchâtres des scarifications qui couraient sur tout le corps de l'ancienne pucelle de Hurlevent.


Le sang encore présent sur son épée à présent abaissée coulait au goutte à goutte dans le sable. Bien vite, deux gaillards désarmèrent la jeune femme et lui passèrent des chaînes. Presque soulevée, ses jambes musclées et nerveuses battant dans le vide, elle fut reconduite dans la moiteur froide et inaccueillante d'une cellule de pierre. Creusée quelque part sous l'arène, en l'attente d'un prochain combat, elle s'assit dans une couche faite d'une planche de bois recouverte de paille et d'un gros morceau de tissu.
Elle trempa une main fébrile dans sa cruche d'eau quotidienne, et se rafraîchit le front, la tête collée au mur. Bien vite, elle rinça brièvement ses récentes blessures, et étira ses membres courbaturés par le combat.



Les fiers pavillons or et azur flottant sur Hurlevent semblaient bien loin désormais.





A suivre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Kriss




MessageSujet: Par dessus les collines blanches   29.10.14 20:03

Revenons en arrière, loin des sables chauds et dorés du sud de Kalimdor, dans un autre désert.



 Celui là était froid, tout aussi inhospitalier et balayé par les vents du Nord, qui donnaient leur nom aux Fjords Hurlants. Entre les hautes cimes vertes des pins, les bourrasques gelées s'engouffraient dans les branches, soulevaient la neige fraîchement tombée et glaçaient le sang des vivants.
Les côtes, bordées d'immenses falaises, était percutées par les vagues poussées par le vent. Les torrents d'écume bouillonnante s’écrasaient sur la roche ancienne, dans un vacarme constant et distant.


 Le jour se levait, dardant sa lumière sur les garnisons sempiternelles de l'Alliance, réchauffant à peine l'air sous ces latitudes. Au sommet d'une des falaises, qui dominait Valgarde, se tenait une silhouette oubliée.
Sa longue cape noire battait au vent, révélant une tenue de cuir complète. Des cuissardes hautes à talons plat remontaient à mi-cuisse, sur des jambes fines et nerveuses. Sanglé par une ceinture doublée d'un ceinturon portant plusieurs sacoches, le pantalon moulant couvrait ce qui n'était pas protégé par les bottes. Le plastron de cuir, semblable à un corset, attaché dans le dos, comportait lui aussi quelques poches et fourreaux garnis de couteaux de lancer.
Sur des hanches finement dessinées, des mains graciles étaient posées, gantées de mitaines cloutées, qui remontaient jusqu'au milieu du bras, par dessus un gambison de laine. Une paire d'épaulières épaisses complétaient la tenue, elles-aussi porteuses d'une dague chacune.


 Le visage, caché par une capuche, laissait néanmoins voir deux pupilles vertes émeraude, luisantes, encadrées par des mèches de cheveux noir mat. Enfin, deux longues oreilles décharnées, des oreilles d'elfe, dépassaient du tissu de la capuche.


Kriss.


 Le camp réprouvé était loin, dans son dos, tandis que la rôdeuse posait son regard acéré sur Valgarde. En contrebas, de la fumée s'élevait encore, vestige des incendies causés par la bataille de la veille.
Les portefaix, comme de petites fourmis vus d'en haut, s’affairaient à affréter le Redoutable, qui attendait au dock, voiles levées. On voyait déjà les points parés de bleu et or, qui attendaient sur le pont que les dernières caisses soient embarquées sur le fier navire.
Il faisait face au fameux défilé qui serpentait entre les falaises du Nord, pour se jeter dans la mer arctique quelques lieues plus au Sud.
De son perchoir, l'elfe voyait déjà les glaciers au loin, en pleine mer, tels des géants de glace, blancs, flottant sur une eau d'un bleu sombre pur.


 Bien vite, les voiles du navire hurleventois furent ouvertes, et il prit lentement de la vitesse, vers les eaux plus chaudes, avec dans ses entrailles de bois des soldats fatigués et éreintés par le froid, mais contents de quitter cet enfer gelé pour leur foyer acceuillant.






A suivre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Kriss




MessageSujet: Re: Naufrage   08.11.14 13:47

Le Redoutable avait déjà quitté le port de Valgarde depuis une longue heure. Le vent nordique, soufflant des terres, gonflait les fières voiles du brise-glace des Aigles. Au sommet de son plus haut mât, flottait le lion d'or sur fond azur, au gré de la brise marine, froide, à l'odeur iodée. Le soleil matinal faisait luire le pont, rendu humide par les embruns maritimes.


Le solide bois de la coque du navire craquait tranquillement, comme un ronronnement paisible sur une mer calme aux vagues douces. L'imposante proue du bateau, renforcée, richement décorée, écartait les morceaux de glace qui osaient se dresser sur la route du bâtiment hurleventois. Quelques icebergs, vestiges solitaires d'un glacier oublié, erraient sur les eaux tranquilles.
Dans son ventre se reposaient les soldats fatigués du Roi, allongés dans des hamacs ou des couchettes. Quelques matelots s'activaient à tendre les cordages, et la vigie guettait les environs du navire, perchée sur son nid de bois.

Tout était bien calme, une accalmie bien méritée après les violents combats des semaines passées.

Cela dit, l'atmosphère sur le navire changea rapidement lorsque la vigie aperçu un pavillon noir surgir de derrière un glacier. Un navire, petit mais massif, bardé de plaques de métal dépareillées, voiles noires gonflées, canons sortis, coupa la route du Redoutable, qui lui filait droit dessus.


A une volée de flèches du brise-glace hurleventois, il était déjà en parfaite position de tir, alors que ce dernier devrait manœuvrer pour lui opposer ses canons.

Dans la cale, les hommes se réveillaient tant bien que mal, surpris par les cris d'alerte de la vigie. Avant qu'ils ne puissent même se lever, un grondement sourd s'éleva, comme un coup de tonnerre au lointain. Un bref silence survint, puis un sifflement strident, et dans un déluge d'échardes et d'éclats divers, la proue épaisse du Redoutable fut ravagée par la bordée du navire ennemi.
Les cris s'élevèrent de part et d'autres des équipages, l'un exultant, et l'autre criant de surprise. Sortant en vitesse de sa cabine, Sunderson, déjà en armure, commença à beugler ses ordres dans tout le navire, ordonnant le rassemblement, parcourant les couloirs étroits, s’agrippant sur les murs avec ses deux mains pour ne pas tomber à la renverse.


Le brise-glace, poursuivant sur son élan et virant vers l'ennemi, avait parcouru la moitié de la distance qui le séparait des pirates quand ces derniers envoyèrent une nouvelle bordée. La proue métallique se déforma encore, des boulets ricochant, d'autres s'enfonçant dans le métal, et elle se détacha en partie, pendant, accélérant le virage du bateau aux couleurs du Lion.
Les marauds du navire pirate hurlèrent à nouveau lorsqu'ils s'aperçurent de la manœuvre, surpris, alors que le brise-glace leur fonçait dessus à toute allure. Armes au clair, mousquets chargés, ils s'éparpillèrent sur le pont pour s'accrocher à tout ce qu'ils trouvaient, cordes, mâts, rambardes...


Les soldats de la couronne, tous sur pieds et secoués par le fracas de la fonte, était à présent tous rassemblés, prêts à monter sur le pont. A leur tête, la connétable, arme au clair, avait le poing serré sur la poignée de la trappe qui y menait, attendant que le Redoutable éperonne l'ennemi.

Quelques secondes passèrent, ponctuées par le crépitement des fusils ennemis qui tiraient sur les matelots encore présents sur le pont quand tout à coup...

Le choc fut formidable. Le Redoutable fût secoué de toutes part, dans un fracas effroyable, de craquement de bois mêlé aux cris des fantassins. Le navire pirate fût soulevé par le côté, et glissa sur plusieurs mètres, perpendiculaire à sa course initiale. Le silence revint, alors que les deux bâtiments était à présent collés l'un à l'autre.
Hélas, la manœuvre n'eût pas l'effet attendu. Alors que le cuirassé pirate était resté quasiment intact, le brise-glace s'était en partie brisé, alors que la poupe du navire avait continué dans son élan sans la proue, coincée sous le navire ennemi. Il en résultait qu'un des flancs était déchiré verticalement, tant le bois de la coque s'était tordu. Les deux moitiés du bateau formait maintenant un angle, et l'eau commença aussitôt à s'engouffrer dans la plaie béante du Redoutable.


De leur côté, les fantassins étaient déjà sur le pont, à l'avant, prêts à en découdre...






A suivre
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Naufrage   

Revenir en haut Aller en bas
 

Naufrage

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Revanche des Aigles :: Bibliothèque de l'hôtel de ville :: Textes & Récits-