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 Des souvenirs de guerre...

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Lohengrin Osthfirer




MessageSujet: Des souvenirs de guerre...    20.10.16 16:16




Les braises scintillaient au cœur des bûches craquantes qui se fendaient en deux. Elles faisaient rougeoyer les pierres mises autour d'elles pour soutenir le bois.
Et lorsqu'elles venaient se repaître d'une bûche, elles tentaient dans un sursaut d'atteindre les mains grasses et gelées des soldats.

« Ah ! Du feu ! Vite, souffle près du foyer ; que ces jolies petites flammes me réchauffent le corps comme une jolie donzelle serait le faire ! »

Le campement de fortune commençait à prendre forme. Les tentes de campagne s'installaient, les chevaux étaient mis en sûreté, de même que les munitions et les équipements. Même de nuit, à trois heures du matin ; l'armée du Maréchal Garithos progressait.

« La ferme de Dalson est aussi flétrie que toutes les autres. Dès que nous approchons d'Andorhal, nous ne trouvons rien de plus que la mort. Dans combien de temps arriverons-nous à la capitale, qu'on en finisse ? »

- « Cesse donc un peu de geindre comme une truie. S'qui importe, c'est qu'avec l'aide des elfes et des nains, nous arriverons bientôt à reprendre ce putain de royaume. Hé ! Lohen ! Viens donc avec nous ! »

L'homme finit de tirer par les chevilles un soldat mort avec deux flèches noires dans le torse. Il l'amenait près d'une fosse commune, mais, avant d'y jeter le cadavre ; il se plaça au-dessus de lui, la lame déposée sur le front.

Il attendit que le corps sans vie du fantassin se secoua, comme s'il venait d'être prit de spasmes, et que ses membres se désarticulent et que sa peau ne flétrisse.
La transformation se faisait rapidement, et il serra davantage son emprise sur la poignée de son glaive.
La chose continua de remuer avant que ses yeux vitreux ne s'ouvrent, et qu'elle laisse échapper un cris strident, jusqu'à ce que la lame ne traverse son front sans un bruit.

Il poussa du pied le soldat dans la fosse, et se retourna vers le groupe près du feu de camp. A cette époque, Lohengrin était dans la trentaine. Affaibli par la guerre, les marques d'un monde nouveau se déposaient déjà sur son corps, avec des joues creuses et des cicatrices terrifiantes sur le cou.

« Ce pauvre gamin n'avait que dix-huit ans, bordel. »

Les autres restèrent muet. Rien d'un tel acte ne semblait avoir interpellé qui que ce soit dans le bataillon, chacun s'occupant des choses qu'il avait à faire, et souvent leurs tâches coïncidaient a trouver un rat qui n'était pas pestiféré, bon pour le ragoût.

« Ne faites pas la même erreur que lui. Personne ne part pisser seul, même à trois mètres du campement, j'en ai marre d'enterrer mes gars ! C'EST CLAIR ? »

Thoros, Marcus et Caledan répondirent la même chose :

- « Oui Caporal.»

Hormis Marcus, qui s'était retrouvé en Lordaeron par le travail de son père, marchand de bons vins tirassiens ; les soldats étaient des natifs du royaume. Thoros, boucher du bon bourg de Brill, et Caledan, fermier du Noroît.

Ils avaient survécus comme il fallait le faire à cette époque : rejoindre des soldats en cours de route et être bien chanceux, ou voler et tuer pour pouvoir obtenir cette chance.

Cela faisait maintenant plus de six mois qu'ils étaient sous les ordres de Lohengrin, suivant l'armée du Maréchal là où celui-ci décidait qu'elle aille.

« Buvez un coup et reposez-vous. D'ici peu, le Prince Kael'Thalas et son armée nous rejoindront. »

- « Ouais, ils le feront quand la guerre sera finie », s'exclama Thoros.

« Mesure ton langage, soldat ! Les Quel'Doreï sont un peuple noble et fier. Et tu ne trouveras pas meilleur sorcier dans tous les sept royaumes que chez-eux ! Allez, dormez maintenant. Je vous réveillerai dans trois heures. »

Les dernières patrouilles se mettaient en place et le calme commençait a régner peu à peu dans le campement. L'on pouvait entendre le hurlement des goules par-delà les montagnes, et Lohengrin observait ses hommes, se jurant qu'il allait les maintenir en vie.

Triste monde, drôle de Prince...
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Lohengrin Osthfirer




MessageSujet: Re: Des souvenirs de guerre...    31.10.16 13:07

« Ta mère ? Une paysanne de route que j'ai eu la malchance de mettre enceinte. Tu n'es qu'un bâtard, Lohengrin. Jamais plus tu ne parleras à Lysander. »

La voix graveleuse du vieil homme retentissait entre les creux du pont-levis, et la herse se referma. Même au travers de son rêve, il sentit la morsure du gel se déposer sur lui alors qu'il ne portait qu'une simple chemise en toile.

Et ce qu'il vit de l'homme, pour le peu qu'il est réussit à voir, n'était qu'une silhouette formée d'expressions haineuses. Les gardes l'attrapèrent par les épaules et le jetèrent au sol, l'enjoignant à quitter les terres.

Et alors que son esprit continuait de s'immiscer dans ses propres hantises, le son strident d'une gargouille le fit se réveiller. Puis, sans tarder, le battement de massues sur des tambours et le bruit lourd d'une trompette qui se mettait à sonner.

« Thoros, Marcus, Caledan ! Debout ! »

Les trois autres soldats se levèrent rapidement, attrapant leurs armes qui étaient restés près du feu de camp.

Caledan, qui était le plus jeune de la troupe, - il avait à peine vingt-cinq ans - tremblait des jambes et des mains avant de mettre son casque sur la tête, rejoignant la formation.

Et alors que le bataillon tout entier commençait à rejoindre les rangs, un homme grand et fort se montra sur un cheval de guerre. C'était le Maréchal Garithos.

« Nous avons une guerre sur les bras ! Les elfes ont besoin d'aide ! EN ROUTE ! »

L'armée se mit en marche. Les tambours de guerres résonnaient et les portes-étendards amenaient haut dans le ciel les couleurs de Lordaeron. Rien de plus exaltant ne serait être vécu dans sa vie que ce moment-là, une marche animée d'un même objectif : secourir un royaume.

Après que le bataillon ait traversé la vallée, il arriva dans les terres. D'épaisses brumes orangées sortaient de champignons gigantesques, portant alors les souillures du Fléau dans l'atmosphère.

Thoros, le boucher de Brill ; décrivit aux autres comme ces choses immondes étaient sorties du sol en Tirisfal. Il expliquait qu'il ne fallait qu'une seule bouffée d'air pour trépassé dans les secondes qui suivirent.

Et tandis que l'armée continuait de se déplacer, l'on entendit au loin le fracas des armes et le hurlement des banshees. Un éclaireur jura même avoir aperçu l'ombre d'une nécropole se dirigeant vers le nord-est, où se trouvait le campement de Kael'Thas.

« A vos glaives ! »

Les fantassins s'exécutèrent. Marcus et Caledan se regardaient entre eux, s'attrapant chacun par le casque avant de se coller front contre front. « On crèvera pas ! On crèvera pas ! »

Et ils se mirent au trot. Lohengrin devant ses hommes, au beau milieu d'une armée en course, alors que des nuées de gargouilles étaient visibles au loin, ainsi que des goules et des abominations qui passaient par les forêts. L'armée allait se charger droit contre elle, au secours des elfes...
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