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 Au-delà des frontiéres

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Martha Bauregard




MessageSujet: Au-delà des frontiéres   14.11.16 3:51


*Dans une chambre du manoir Brûle-Flanc, aménagée comme un vestiaire pour les femmes du régiment, sous un meuble adjacent à l'un des portes-manteaux, vous pouvez voir dépasser le coin d'une enveloppe perdue et oubliée, celle-ci contenant ce parchemin plié en deux.*


Citation :

Aujourd'hui, tu aurais 25 ans. Cela fait presque 8 ans que tu m'as quitté.


Je me revois encore te gronder parce que tu jouais avec mes bijoux d'argent et mes souliers en daim. Toi aussi, tu voulais devenir un jour une "Grande Madame". C'est ce que je t'inspirai, quand tu avais encore quatre ans. Tu étais si belle avec tes petites couettes brunes. Quand tu en a eu dix, les robes et les colliers ne te plaisaient déjà plus, tu voulais avoir une grosse épée, comme ton grand frère, pour "tuer les méchants". Et puis, l'adolescence est arrivée et tu t'es mise à négliger tes études, tu étais devenue une petite rebelle, comme ta mère. Tu avais soif d'attention.

Une attention que je ne pouvais pas t'offrir à cause des responsabilités qui m’obsédaient. Moi aussi, j'aurai aimé être plus souvent à vos cotés, être présente à tous les Voiles d'Hiver, à tous vos anniversaires.
Je fais confiance à ton père pour t'avoir fourni une éducation digne de ce nom, mais malgré ça, tu as préféré emprunter une voie interdite et sans retour. C'était peut-être ta façon de me faire réagir, d'exprimer ta colère. Tu n'as pas compris sur quel chemin tu t'étais engagée, tu t'imaginais surement que ce n'était pas grave, que tu pourrai faire marche arrière. Et puis, tu as commis l'irréparable, ce qui a causée ta perte. Encore aujourd'hui je n'ose même pas imaginer la scène à la quelle ton frère a dû assisté pour tenter de te sauver de ce démon que tu avais maladroitement convoqué. Il a vraiment fait preuve du plus grand des courages. Il était si jeune lui aussi, à ce moment.

Tous ces mots brûlent mon cœur comme mille brasiers, je regrette tant de ne pas avoir été celle que vous attendiez tous les trois. J'ai sous-estimé ma fonction, je n'ai pas voulu abandonner ma carrière. Elle était florissante à cette époque, je voulais le meilleur pour votre confort et votre sécurité. Et tout ces sacrifices auront été tristement vains, maintenant qu'elle s'est écroulée comme un vulgaire château de carte.

Ton grand-père n'était pas là souvent non plus quand j'étais petite, et je n'avais que lui. Je ne compte plus les longues soirées de chagrin que j'ai essuyées. Je sais qu'il faisait son maximum, il ne voulait que le meilleur pour moi, l'excellence. Mais je m'étais jurée d'être une mère plus attentive que le père froid qu'il avait été pour moi. Je ne pouvais que comprendre ta détresse et pourtant, il n'en a rien été. Je suis tellement navrée mon Alice.

A ce jour, ton père me reproche encore ton décès et mes absences. Cela fait sept années que nous ne nous sommes pas revus. Depuis mon affectation à la Tour de Hurlevent, j'ai eu le temps de me rapprocher de ton frère, nous essayons de rattraper le temps perdu loin de l'autre. J'essaye de me rattraper. Mais rien ne pourra jamais combler ton absence que je subis à mon tour chaque jour qui passe. Tu m'as bien puni.

Je ne sais pas pourquoi je t'écris tout ceci, c'est Madame Eva, une amie de Sombre-Comté, qui m'a conseillé de t'écrire. Elle était persuadée que ça ferait autant de bien à mon esprit qu'au tien, si toute fois il était assez tourmenté pour pouvoir lire ce message. Je crois que quelque part elle a raison, écrire ces choses me fait du bien, même si ça ne change rien au fardeau que je porterai jusqu'à ma propre mort.

Lorsque nous nous rejoindrons, je te promets de te réserver toute mon éternité.
Joyeux anniversaire, mon Alice. Repose en paix.

Ta maman qui t'aime, où que tu sois.

*On peut remarquer sur le parchemin de multiples et petites traces d'humidité rondes, séchées.*

_________________
-"Si mon but était de vaincre sans idéaux, je serai devenue démoniste. En attendant, je tends à façonner le monde tel que l'Alliance l'a toujours fait, aussi cruel que cela puisse vous paraitre. Vous parlez d'Utopie, je parle d'Avenir."

Martha Bauregard, extrait d'une entrevue avec le mensuel Vague, les nouvelles Voguent; il y a quelques mois.
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